Avec le cycle « Reicha musicien cosmopolite et visionnaire » le Palazzetto Bru Zane poursuit son exploration de la première partie du XIXème après avoir mis en lumière Méhul et Catel. Né à Prague puis naturalisé français en 1829, Antoine Reicha est l’exact contemporain de Beethoven, qu’il côtoya d’ailleurs à Bonn avant de séjourner à Hambourg puis d’aller étudier auprès de Salieri à Vienne, avant de choisir la capitale française pour port d’attache, à partir de 1808. Théoricien hors pair et professeur réputé qui eut pour élèves Berlioz, Liszt, mais également Gounod et Franck, il est l’auteur d’un étonnant corpus de musique de chambre, dont de nombreuses pièces pour piano, mais surtout d’une vingtaine de quintettes qui font de lui un véritable trait d’union entre le classicisme viennois et le romantisme français.
Composé en 1820, l’opus 100 n°5 va encore plus loin dans la variété des combinaisons instrumentales, le compositeur affinant la singularité de son style et la puissance de son écriture. Des quatre mouvements, le second, « Andante con variazioni » constitue la pièce maîtresse de ce second quintette, le thème introduit par le hautbois laissant aux autres le soin d’intervenir avec vélocité, imagination et un plaisir évident du jeu.
certaines ardeurs, la flûte de
Marion Ralincourt badine avec alacrité, le hautbois de Marc Lachat veille à l’équilibre des lignes, tandis que le fagotto de Guillaume Bidar donne l’impulsion et que la clarinette d’Amaury Viduvier s’ébroue jusqu’au vertige.
Applaudis avec ardeur, les membres du Klarthe Quintet prolongeaient ce moment rare avec une courte et brillante pièce du compositeur hongrois Ferenc Farkas, décédé en 2000, pour le plus grand bonheur du public.