La seconde partie s'ouvre symétriquement à la première avec des extraits des six Romanze de Giuseppe Verdi. Si "Il Tramonto" faiblit d'intensité sur la durée, "Il Mistero" et surtout "Brindisi" retrouvent une belle autorité. C'est un Rodolfo en retrait qui entame la célébrissime "Che gelida manina", décidément plus à l'aise dans la prouesse de l'éclatant "Vesti la giubba" de Pagliacci ou les reliefs mordorés de "Ma se m'e forza perderti" de Ballo in maschera. Un œil sur la partition, Gregory Kunde gratifie l'auditoire des deux standards de Louis Armstrong et Frank Sinatra – "What a wonderful world" et "My way". Sans chercher à confondre un timbre naturellement puissant avec la suavité des authentiques crooners, c'est une ovation bien méritée qui salue cet étonnant parcours musical.
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Dan Ettinger soigne les interventions ciselées de l'excellent Chœur du Liceu, en apportant à l'Orchestre symphonique de Bilbao une carrure de bon aloi dans les passages dramatiques, sans éviter certains tunnels dans les parties dialoguées. Le final séduit durablement, dirigé bride abattue pour en exalter efficacement la couleur et le drame.